Aura'ctuelles
 


14.03.2007 - Obsèques de Pierre Moinot

"ENTRE ICI, PIERRE MOINOT..."

Le cadre majestueux de la cour d'honneur des Invalides avec ses profils grecs au frontispice, Napoléon, là-haut, sur son piédestal et un carré d' oeils-de-boeuf grands ouverts sur l'histoire, se prête aux accents lyriques d'un Malraux au Panthéon.
Porté à bras par des soldats du 1er régiment étranger de génie, voici que Pierre Moinot fait à son tour son entrée, drapé de tricolore et d'aura nationale. Les grands corps qu'il a servis sont là : l'armée, la cour des comptes, un cercle d'immortels en habit vert entourant Pierre Messmer au visage sépulcral.
Il revient à Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française, de prononcer avec l'émotion de l'intime l'éloge du disparu. Elle évoque sa mobilisation en 1940, son évasion, son rôle dans la Résistance, sa participation aux prises de Rome et de Sienne avec l'armée d'Italie, son débarquement en Provence... Et puis, resurgit en pleine lumière l'écrivain aux dix romans, couronné pour la première fois avec "La chasse royale" et qui entra à l'Académie le 20 janvier 1983 au fauteuil de René Clair. Ironie de l'évènement : lui, le laïc "qui ne croyait pas au ciel" fut accueilli par un homme d'église, le RP Carré ; ce qui n'assombirt en rien leur rapports futurs.
Hélène Carrère d'Encausse ne manque pas de rappeler également l'enfance de Pierre Moinot dans le Marais poitevin et son amour de la nature "dans laquelle il va se fondre". Faisant référence à l'un de ses derniers ouvrages, prémonitoire, "Le matin vient et aussi la nuit", elle observe : "Voici la nuit, mais la nuit ne renferme jamais l'esprit".