| L'IRRESPONSABILITE OU LA VIE
Chacun a encore présente à l'esprit la catastrophe survenue
le 21 septembre 2001sur le site de l'usine chimique AZF de Toulouse qui
fit 31 morts et 2.500 blessés. Sans compter les troubles psychologiques
et les dégâts matériels colatéraux.
Dans sa thèse sur l'approche globale des risques en entreprise,
Audrey Dassens, nouveau docteur de l'Université à Niort,
consacre une étude fouillée à cette tragédie
et on est frappé, à sa lecture, par un sous-titre : "La
sous-traitance : facteur déterminant dans l'accident". "La
sous-traitance, écrit la jeune universitaire, apparaît comme
un facteur clé parce que les principaux protagonistes sont des
salariés d'entreprises sous-traitantes mais aussi parce que cet
évènement illustre les problèmes engendrés
par la relation de sous-traitance au niveau de la maîtrise de la
sécurité d'un site industriel à haut risque".
Il faut savoir qu'il n'y avait alors pas moins de 25 entreprises différentes
sur le site, qui travaillaient sans coordination étroite avec AZF.
Ainsi, l'employeur n'avait-il pas connaissance de ce qui se passait dans
le bâtiment de stockage du nitrate d'ammonium et ignorait-il même
l'existence d'une installation électrique !
On reste confondu devant une pratique qui est commune, assure-t-on, aux
centrales nucléaires et permet de pointer du doigt l'abus que l'on
peut faire de l'externalisation des services ou du recours à des
intérimaires insuffisamment prémunis. Cela aux dépens
de l'établissement des responsabilités et, plus grave encore,
de la vie humaine.
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